ÉCLIPSES PASSÉES SUR LE TERRITOIRE DU QUÉBEC

  • 31 août 1932 – Solaire totale
  • 30 juin 1954 – Solaire totale
  • 20 juillet 1963 – Solaire totale
  • 10 juillet 1972 – Solaire totale
  • 10 mai 1994 – Solaire partielle
  • 21 août 2017 – Solaire partielle
  • 14 octobre 2023 – Solaire partielle
  • 8 avril 2024 – Solaire totale
zones sans atlantique credit
Zones de totalité des éclipses solaires du 20e siècle au Québec

Reportage sur l’éclipse du 20 juillet 1963

Eclipse at Grand’Mère, , offert par l’Office national du film du Canada


PREMIERS RÉCITS D’ÉCLIPSES

Depuis des millénaires, les êtres humains ont admiré des éclipses lunaires et solaires. Leur aspect spectaculaire et leur apparition soudaine ont assuré leur place dans l’imaginaire collectif des peuples anciens. Des observations d’éclipses sont attestées pour les Assyriens, Babyloniens, Chinois, Égyptiens, Grecs, Indiens, Mayas, Perses et Sumériens, entre autres!

Les éclipses étaient un évènement unique où l’ordre établi du cosmos se voyait renversé momentanément, où le comportement quotidien prévisible du monde céleste, gage de survie pour les humains, faisait place à la surprise et l’imprévisibilité. L’angoisse de la fin du monde ressentie par ces peuples est alors tout à fait compréhensible! Comprendre les éclipses devenait alors un élément crucial de la relation entre l’humain et le divin. Chaque peuple avait donc ses propres observateurs attitrés du ciel, souvent des prêtres et prêtresses astronomes. La constatation du retour des éclipses a conduit à vouloir calculer et prédire leur apparition.

Si nous avons des témoignages de prédictions réussies (Thalès de Milet, vers 585 avant notre ère, selon Hérodote) ou ratées (les pauvres Hsi et Ho, à la colère du roi Zhong Kang, selon le récit évoqué dans la chronique Shu Jing), il est difficile de déterminer la véracité de ces affirmations anciennes. Même si la succession des éclipses était notée dans les archives depuis des temps immémoriaux, la première explication correcte du principe des éclipses, où un astre en cache un autre, semble appartenir au philosophe Anaxagore de Clazomène, vers 450 avant notre ère, en Occident du moins. Néanmoins, plusieurs peuples réussirent à développer une idée générale des moments propices à l’observation d’une éclipse. Si les éclipses lunaires sont relativement bien comprises depuis l’Antiquité, la prédiction précise des éclipses solaires est nettement plus ardue. Elle nécessite une théorie précise du mouvement des objets célestes, chose encore difficile à l’époque antique. 

RENAISSANCE ET PROGRÈS

Avec la théorie de la gravitation de Newton et les lois orbitales de Kepler, la précision des prédictions augmente grandement pour atteindre au 18e siècle un exactitude renversante, où l’emplacement et le moment exact d’une éclipse peuvent être dévoilés avec confiance. Aujourd’hui, la puissance du calcul informatique permet de calculer les valeurs exactes des éclipses pour les siècles à venir et aussi pour celles du passé! Cela nous a permis d’évaluer de manière critique les récits d’éclipses anciennes, et même de réviser la datation d’évènements historiques mentionnés dans les mêmes archives. Chaque éclipse à venir peut maintenant être attendue de pied ferme par des astronomes bien préparés, prêts à extirper toutes les données disponibles lors du phénomène.

L’éclipse solaire totale de 1868 permit au physicien français Jules Janssen de découvrir un élément chimique nouveau sur le Soleil, inconnu sur Terre. Il fallut attendre plusieurs années pour détecter la présence de cet élément sur notre planète, que vous connaissez sous le nom… d’hélium! Ultérieurement, l’éclipse solaire totale de 1919 est restée célèbre pour avoir servi aux scientifiques de l’époque d’affirmer que les hypothèses d’un certain Albert Einstein sur la gravité et l’espace (la théorie de la relativité générale, le fondement de notre cosmologie moderne) étaient correctes.

En 1973, des astronomes ont même emprunté le prototype 001 de l’avion supersonique Concorde pour pouvoir suivre une éclipse solaire totale au-dessus de l’Afrique pendant plus d’une heure!

Plus près de nous dans le temps et dans l’espace, plusieurs éclipses se sont produites au Québec dans le dernier siècle. Parmi elles, certaines ont laissé un souvenir frappant dans l’imaginaire collectif, comme celles de 1932 (solaire totale), 1963 (solaire totale), 1994 (solaire partielle à 99%!) ou 2017 (solaire partielle). Ce phénomène céleste est aujourd’hui attendu de pied ferme par un grand nombre d’amateurs (comme certains d’entre vous!) qui souhaitent vivre cette expérience unique!

eclipses-lunaire-astrolab
Cuneiform tablet ephemeris of eclipses from at least S.E. 177 to 199 MET ME86 11 345
Tablette cunéiforme d’éclipses de -400 à -200 avant notre ère
1919 eclipse positive
Éclipse solaire du 29 mai 1919, observée à Principe par une expédition britannique